lundi, mars 17, 2008

Monts Valin: jour 1.

MC et moi sommes allés en ski de fond aux Monts Valin en fds. Nous étions accompagné par Guillaume et Julien Dallaire. Ce qui était parti pour être une belle tit-ride de ski de fond s'est rapidement transformé en enfer. Lisez la suite pour constater à quel point je pèse mes mots.

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Le plan de la fin de semaine était de faire le tour des monts Valin en ski de fond en couchant dans un chalet à mi-chemin. Nous étions ''chanceux'' puisqu'il y avait une course samedi faisant exactement notre parcours. Avec la bénédiction des employés du parc, nous pouvions donc profiter de pistes bien tracées, ce qui allait accélérer grandement notre avancé. Le trajet total était de 38 km, et les gens du parc nous avaient dit qu'il y avait 17 km entre l'accueil et notre chalet. Parfait. J'ai estimé notre temps à 2-3h, car un skieur de fond moyen va aller à 10 km/h. De plus, impossible de se perdre, puisqu'une piste de ski de fond, c'est comme les rails d'un chemin de fer: le seul chemin est droit devant.

Nous avons commencé à skier à 13h, après que les derniers compétiteurs soient rentrés. Le premier 10 km était dans une piste officielle bien tracés. Comme nous étions un peu en retard, j'ai sorti une corde pour tirer MC et elle a bien apprécié les HP supplémentaires. Après 1h30, nous sommes arrivés à la fin de la piste officielle et dans une trail de ski-doo que la course empruntait. À notre surprise, les ski-doos avaient déjà effacés les pistes de ski, malgré que le parcours était supposé être bloqué jusqu'à 16h. Pas trop mal, ça prend pas vraiment des pistes pour faire du ski de fond, et c'est mieux qu'être dans la grosse neige. On perd cependant 2 km/h et c'est assez dangeureux (et illégal) d'être dans une trail de ski-doo. On fait attention et on continu. Le troncon de la piste où nous étions rendus porte à juste titre le nom de ''bras de l'enfer''. C'est pas trop compliqué, c'est 10 km de montée en lacets presque sans arrêt. Et je savais que notre chalet était en haut de la piste. Nous montons donc avec un bon rythme, mais vraiment pas à la vitesse que j'avais prévu.

Dans la montée, on se rend compte qu'on a perdu la carte montrant la piste de ski de fond. Il nous reste une carte du parc ne détaillant pas la piste, ni les trails de skidoo. Il est donc difficile de savoir où on est, mais au moins il n'y a qu'un chemin possible, donc pas de panique.
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Nous rencontrons vers 16h un ski-doo à qui nous demandons des indications. Il nous dit que notre chalet est proche 2 km dans le ''shortcut'' juste après un chalet jaune, où il y a des traces de skidoo sur le lac. Good, on arrive. (Là, on commence à en avoir assez de monter sans arrêt).

Ça prend environ 45 minutes avant qu'on voit le chalet jaune, et il commence à neiger faiblement. On est cependant confronter à un choix de piste: gauche ou droite? Les skidoos et la neige ont effacés toutes les traces des skieurs. Nous décidons d'aller à gauche, je ne me rappel plus pour quelle raison, et ça allait être la décision qui allait transformer un parcours déjà plus difficile que prévu en enfer sur terre.
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Comme il restait 2 km après le chalet jaune, j'ai estimé qu'on devrait être à notre chalet dans 30 min et qu'on devrait paniquer dans 1h. Il se fait tard et le soleil commence à se coucher. Tous sauf Guillaume sont fatigués. C'est le temps que ça finisse.

On continu à chercher le chalet, espérant toujours le voir après la prochaine côte, après le prochain virage. Il y a encore quelques embranchements pouvant nous faire perdre notre chemin. MC et moi sommes plus lents que Julien et Guillaume, que nous perdons après une chute. C'est vraiment con de se séparer dans une situation comme celle-là. MC est vraiment très fatiguée et à bout de nerf. Elle ne pense pas être capable de revenir au chalet jaune, qui était inoccupé (ce qui n'empêche pas de l'ouvrir). Je suis très fatigué et je ne considère pas que ça vaut la peine de continuer à chercher un chalet qui peut être vraiment loin, quand on a pas de carte et que je ne suis même plus sûr qu'il soit sur notre piste. Là, c'est le mode survie. Les options sont assez minces: on reviens au chalet jaune (à bout de force:risqué), on continu comme des épais pour trouver notre chalet: no way, on couche dans le bois: fais chier, on dormira pas, mais c'est possible car on avait des sleepings bags -10 et du carburant.

Je décide donc d'arrêter MC sur le bord de la piste pendant que je vais chercher les 2 autres. Je la mets donc dans un sleeping bag sur le bord de la piste, avec une flash-light et mon sac. Disons que ça faisait pitié à voir, et que je me sentais assez cheap de la laisser là. Mais il n'y avait pas vraiment d'autres choix, le but étant de se regroupé et qu'elle reprenne son souffle. Je lui dit donc que je vais chercher les autres pendant 10 minutes et que je reviens dans 20 minutes tappantes.

Je pars donc en skate au fond (avec ce qui me reste) pour trouver Julien 5 minutes plus tard à l'embranchement d'une piste de skidoo. Guillaume est allé un peu plus loin pour trouver le chalet, mais il devait revenir assez vite. Julien me dit qu'ils ont vu un panneau annoncant un chalet privé à moins de 100m. Yes! On dormira pas dehors. Je me sacre pas mal de casser une vitre pour rentrer: cas de force majeure. Je dis donc à Julien de rester là pendant que je vais chercher MC. Il est 18h30 et il commence à faire noir en cibole.

Je retrouve MC 20 min plus tard, comme promis (dans des situations comme ça, je considère que c'est important d'avoir des plans clairs et de ne pas y déroger). Elle a repris du mieux et nous allons rejoindre Julien.

Le chalet était indiqué, mais pas exactement sur le bord de la piste. Guillaume n'étant pas revenu, je laisse MC avec Julien pendant que je vais m'assurer que le chalet est réel. Je vois donc un groupe de chalets sur le bord d'un lac. Le premier chalet est vide, mais je suis bien content d'entendre des chiens. S'il y a des chiens, c'est qu'il y a du monde. Effectivement, il y a de la lumière dans un chalet à 100 m du premier. Je rebrousse donc chemin pour aller chercher les autres et c'est à ce moment que les propriétaires du premier chalet arrivent en skidoo. Je leur explique la situation et ils m'offrent le gîte et d'aller chercher les autres. Youppi!

Guillaume est avec les autres sur le bord de la piste lorsqu'on vient les chercher. MC est en train de geler des mains et elle est bien contente d'être rescapée. Disons que ça a du être un choc de voir des skidoos dans un endroit aussi perdu. Là, il est 19h30 et c'est noir comme dans le poele.

Nos hôtes (deux couples de Saguenay) nous accueillent vraiment bien dans leur chalet. Ils enterrent MC sous les couvertes et nous offrent de coucher là. J'accepte volontier, mais Guillaume a trouvé le chemin du chalet où nous étions supposé dormir, ce qu'il a validé par la suite avec un skidoo. Notre chalet est à 4 km, et nous nous sommes trompés à l'embranchement du chalet jaune. Nos hôtes offrent de nous reconduire plus tard, mais ils nous gardent à souper. C'est une offre qui ne se refuse pas. Malgré notre insistance à manger notre lunch (poulet à l'indienne tout de même), la maîtresse de maison nous fait un excellent et copier spagetti. Nous mangeons et buvons solidement (nous avions 2l de vin). Ce fut très agréable. Des gens vraiment sympatiques.

Nous sommes reconduis vers notre chalet vers 10h. Maudit que ça va vite un skidoo! Et c'est le fun en plus!
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Notre chalet est spacieux et bien équipé. Il y a un poêle et l'éclairage au gaz! Fait inespéré, Julien sort de son sac une bouteille de rhum et des cigares cubains. Presque assez fort pour nous faire oublier nos ampoules. C'était vraiment bon, mais un ti-verre de rhum et j'étais knock-out. Au lit!
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Le calvaire n'est pas fini. Vers 24h, je me reveille et je m'apeçois que ça sent le gaz en maudit. Je t'check seul le poele et les lampes, mais tout à l'air de fonctionner. Stressé par une situation aussi explosive, je vais me reveiller 3 fois avant d'aller arrêter le poele avec Guillaume. Malgré, qu'il n'y avait pas de fuite apparente, le poele sentait le gaz épouvantablement. Ça a réglé le problème et nous avons pu dormir tranquille.

La suite de notre périple demain.

6 commentaires:

Jerome T. a dit...

Quand est-ce que vous mangez Guillaume?

jeanthibca a dit...

On aurait pu le transformer en peau d'ours.

Anonyme a dit...

ne jamais sous-estimé une trail...qui n'est pas une vrai trail....lecon que j'ai apprise aux Monts Groulx! Et toujours partir plus tôt le matin...autre leçon que j'ai apprise aux Groulx!!
Quand est-ce qu'on va à Washington se taper un beau sommet?
Yannick

Jerome T. a dit...

En peau d'ours peut aussi servir de decoration pour ton salon ou chambre a coucher. Mais, pour en tirer le maximum, tu peux l'utiliser pour te rechauffer... genre le debut de Star Wars 2 ou Luke est gele sur la planete de neige et Han solo le met dans le ventre de sa bete en attendant des secours.

jeanthibca a dit...

Yannick: c'est pas mal ça que je me suis dit quand la noirceur est arrivée. Je pensait à quel point en était dans le champ aux Monts Groulx après la noirceur. C'est pour ça que j'ai enclenché le mode survie.

jeanthibca a dit...

Jérôme: vraiment drôle''genre le debut de Star Wars 2 ou Luke est gele sur la planete de neige et Han solo le met dans le ventre de sa bete en attendant des secours.''