mardi, septembre 12, 2017

Un été en vélo électrique à haute vitesse

Mon travail chez FixMeStick était proche du métro Place St-Henri. C'est dans l'ouest de Montréal, à l'ouest de Atwater ou plus précisément à 30 km de chez moi. Ça fait un ti peu trop loin pour y aller en vélo sans consommer un max de temps. Je faisais 25 km 2X par jour l'an dernier en approx 55 min / trajet, mais 5 km de plus représente 15 min de plus par trajet ou 30 min par jour. C'est trop avec l'horaire de la garderie. Il me restait 2 solutions: le transport en commun que je prend la mort dans l'âme (60 min par trajet) ou accélérer mon parcours à vélo. Je tiens à ma santé et j'ai opté pour le dopage technologique plutôt que chimique.

Un vélo ''tout fait'' électrique de qualité coûte au moins 3000 $ et est limité à 32 km/h. Ça ne marchait pas.

J'ai donc acheté un kit pour transformer mon vélo de route en vélo à assistance électrique. Ho yeah.





Les détails:
  • J'ai pris un kit BBSHD vendu par Luna Cycle. Luna est dirigé par un vrai manique des vélos électriques et ils ont une super vision par rapport au produit. Le service à la clientèle est aussi impeccable. C'est le même prix qu'acheter directement en Chine donc il y a absolument zéro raison de ne pas acheter chez Luna.
  • C'est de l'assistance électrique: il y a un sensor de cadence faisant que le moteur est de plus en plus fort à mesure que la personne pédale. Ça donne l'impression que son effort est ''assistée'' vs avoir l'impression de rider un scooter électrique. Un sensor de puissance/torque est mieux, mais c'est hyper cher et le feeling d'un sensor de cadence est bien correct. Aussi, ça arrête le moteur quand on arrête de pédaler.
  • C'est un kit ''mid drive'' où le moteur est à la place du pédalier (l'ensemble du pédalier, BB compris est remplacé). L'alternative est un moteur dans la roue avant ou arrière. Il parait que le mid drive fait une ride plus balancée. Ça aide aussi lors des réparations de crevaisons. Les nouveaux vélos électriques de montagne de qualité sont tous mid drive. Ça fonctionne bien, mais j'ai vu un gars avec un moteur dans sa roue avant et il ne faisait pas pitié. Les moteurs-roues sont aussi moins chers.
  • C'est hyper puissant. Mon moteur peut tenir 1200 w sur une longue période. Je roule typiquement à la puissance 3/5 ou 750W. Pour vous donner une idée, je dois produire approx 350 W lors d'un triathlon. Chris Froome fait approx 500W lors d'un contre la montre d'une heure. 750W du moteur+ 250 W de Jean, ça fait pas mal de puissance pour avancer.
  • Ça va vite. 50 km/h sur le plat en pédalant bien. 65 km/h est mon max lorsque j'avais un ti vent dans le dos. Il est facile de monter une côte à 35 km/h qui se monte normalement à 20 km/h à pleine puissance ''nature''.Ça peut aller tellement vite que je mettais seulement le niveau 1/5 en ville ou sur une piste cyclable achalandée. Il faut aussi faire vraiment plus attention. La vitesse augmente exponentiellement le danger (valable pour tous les moyens de transport). Honnêtement, ce n'est pas à mettre entre toutes les mains.
  • Ça sauve du temps: je sauve vraiment 15 min par trajet. J'ai littéralement acheté du temps.
  • Ça ne ramollis pas son homme. Je suis aussi rapide en vélo ''nature'' qu'avant. Le cycliste peut peser sur les pédales autant qu'avant, c'est juste que ça va plus vite. Je suis quand même moins fatigué à la fin de la semaine, ce qui est notable.
  • La batterie dure une heure à 750 W avec une charge de 80% (pour augmenter sa durabilité). Les conseils de Éric de Luna pour la capacité de la batterie que je devais choisir étaient parfaits. L'autonomie de la batterie est vraiment une fonction de la puissance utilisée. Je pourrais faire facilement 2h à puissance 1/5 (300W) et aller à 40 km/h. Monter à 50 km/h demandait 750 W et me donnait 1h de batterie. La résistance de l'air étant une fonction cubique, ça coûte vraiment cher en courant de faire des pointes à plus de 55 km/h. Je crois honnêtement que 50 km/h est la vitesse maximale que force le design d'un vélo électrique. Sinon, ça prendrait une batterie ridiculement grosse. 
  • C'est facile à installer SAUF que ça vient sans instructions. Il faut donc aller dans des forums, chose que je déteste particulièrement. Et être à l'aise avec la mécanique vélo n'est pas la même chose qu'avec l'électricité. Si c'était à refaire: j'aurais vendu mon vélo sur kijiji pour en acheter un déjà tout monté de chez Luna. Ils ne sont pas chers au final.
  • C'est lourd le moteur fait 13 lbs et la batterie 8lbs. C'est fou comment ça alourdis un vélo faisant initialement moins de 20 lbs ! F=ma donc le poids parait pas avec l'assistance. Sauf pour freiner!
  • Ça brasse. Rouler à 50 km/h brasse vraiment plus son homme que rouler à 30 km/h. J'ai convertis un vélo de route de course avec des pneus de 25c. Le refaire, je prendrais un vélo de montagne full suspension (1-2 kg de plus change pas grand chose sur un total de plus de 40 lbs) ou un vélo de cyclocross avec des pneus de 35c.
  • C'est aussi dur sur les composantes. J'ai passé une paire de roue pourtant assez solide. Je les ai remplacé par des roues de touring à 36 rayons et ça a été la fin de mes problèmes. Je reste (dérailleurs, chaines, etc) use au même rythme qu'un vélo nature.
  • C'est plus de maintenance: ajouter un système électrique ajoute une chose de plus à maintenir.  C'est pas grand chose, juste un ti peu plus d'ajustements. Il faut quand même dire que le système montre zéro usure même après 5000 km de punition pure. Le HD de BBSHD veut vraiment dire ''heavy duty''.
  • Si c'était à refaire:
  1. L’assistance électrique a été une bonne solution pour mon problème de temps.
  2. J'aurais acheté un vélo déjà tout monté de chez Luna
  3. Il y a une explosion de vélo électrique de qualité de la part des manufacturiers de vélos ''natures''. Ils sont beaux et mieux intégrés (pas de paquets de fils) que le mien. Mais ils sont limités à 32 km/h = super pour un autre usage que le mien.

dimanche, septembre 10, 2017

Triathlon de Montréal: y faisait frette

Le triathlon de Montréal est une sorte de fête annuelle du triathlon. C'est le dernier gros triathlon de l'année, il y a beaucoup de monde et il fait (presque) toujours beau.

Je m'étais attaqué l'an dernier à la distance demi-ironman. Ça avait été une expérience autant enrichissante que souffrante puisqu'il faisait un cuisant 30 degré. Disons que ça a été différent cette année.

J'ai décidé de me limité à la distance olympique puisque ma plus grande ride à vélo de l'année se limite à 2h. J'ai fais 2x1h tout l'été et cumulé plus de 5000 km, mais la spécificité de l’épreuve fait qu'il faut vraiment augmenter son endurance pour survivre.

Je suis en forme, assez reposé et partant pour le challenge. Le départ est à 8h: parfait, je serai de retour avant le lunch.

Seul problème: y fait froid. Il fait 10 degré le matin et l'eau est à 17oC. Le wetsuit n'est pas suggéré: il est obligatoire (chose que je n'ai jamais vu). Je sais que ça ne me favorise pas. J'ai tendance à hyperventiler (ne pas être capable de prendre assez d'air) dans l'eau froide. Le wetsuit n'y change rien. Ça m'est arrivé à 2 reprises d'avoir ce problème et c'est vraiment pas cool. Y'a rien de moins fun qu'avoir l'impression qu'on va se noyer dans les prochaines secondes. Je prend donc un max de temps pour m'habituer à l'eau froide. Mon départ est bon, mais je manque d'air après quelques minutes. Je fais 15 sec de brasse pour que ça ait mieux et c'est reparti. Je décide de ne pas trop pousser et j'ai la chance de me trouver un ''poisson-pilote'' que je suivrai pour l'ensemble de la natation. Je trouve qu'il va vraiment croche (ou c'est moi ?), mais c'est toujours plus rapide que nager seul. Temps final 24 min, ce qui est très bon pour moi.


Désastre à la transition nage-vélo: je ne trouve pas mon vélo! Il n'y avait plus de place sur le bord des racks et mon vélo est blanc et noir. Pas exactement rare/voyant/original. Je perds un bon 30 sec avec ce qui est le top de l'erreur du débutant. Je me dis que ça peut quand même m'aider à reprendre mes esprits après la natation.


Je pars. Et il fait frette. Je suis dans un p'tit tri-suit en lycra hyper mince mouillé. J'essaie de prendre la position la plus aérodynamique. Pas pour aller plus vite mais pour avoir moins froid! Le premier tiers du vélo est carrément soufrant. Le reste est correct si je fais abstraction de mes pieds gelés (chose fréquente en vélo compte tenu du design des souliers). Le vélo va quand même bien et je me bats pour ma position avec 4 autres dudes. Il y a beaucoup de monde et le pilotage est périlleux. Mon expérience de coureur cycliste me sert ici. Je termine en force et pas trop fatigué avec un record de vitesse personnel: 40 km en 1h. Ho yeah!


Je piétine à la transition vélo-course parce que mes pieds sont trop gelés pour courir vite. Je repars quand même nettement plus vite que les autres. Je sens mes jambes vraiment pleines d'énergie et je décide d'y aller comme ça va. Mon premier km est à 4 min/km, ça va descendre à 4:15 pour pas mal l'ensemble du parcours. Le froid est ici mon ami. Je me sens bien, je n'ai pas soif et je profite du moment. Je dépasse et me fais dépasser. Temps final: un incroyable 41 min. Mon record sur 10 km ''sec'' est de 40 min. Pourtant, les distances semblent exactes...


La compétition était féroce et je termine 6e dans la catégorie et 28e overall. C'est paradoxalement mon meilleur temps à vie et mon pire résultat de l'année. Les meilleurs étaient au rendez-vous, avec presque 1000 participants. J'ai quand même amélioré mon temps sur le même parcours de 7min!

Il reste un triathlon en octobre, mais je vais plutôt refaire le raid de Bromont en vélo de montagne. Je n'ai pas envie de geler comme ça une autre fois.