Notre fac est près de celle de médecine et nous avions entendu parler du nombre inimaginable d'étudiants dans les salles de classe.
L'article suivant (le monde) confirme tout cela (c'est bien drôle à imaginer...).
Explication du système scolaire:
1) Le «bacc» correspond ici au «high school» américain (bref comme un secondaire 5 plus 1 an de cégep).
2) Après le bacc, les étudiants peuvent aller directement à l'université ou dans une école préparatoire (1 an) pour faciliter leur admission dans les grandes écoles.
3) Toutefois, selon les principes en vigueur ici (égalité des chances pour l'accès à l'université), tout le monde peut entrer dans n'importe quelle programme à l'université (très différent des grandes écoles qui font une sélection serrée).
Alors, comment faire de la sélection (pour médecine par exemple), et bien on fait des «concours» pour choisir les meilleurs après la première année. L'article sur les facs de médecine montre l'engouement pour le rêve de devenir médecin...
«Ils s'en souviennent tous. C'était en septembre 2005. Bac en poche, ils débutaient leur première année de médecine, à la faculté Henri-Warembourg de Lille.
Pour espérer avoir une place dans l'amphithéâtre, ils débarquaient à 6 heures et demie du matin devant les portes, puis se ruaient, dès l'ouverture des grilles, à l'intérieur. "Tout le monde courait, c'était n'importe quoi", racontent Nora et Hakim. Les cours s'enchaînaient de 8 heures à 18 heures, perturbés par le chahut des redoublants, histoire de démoraliser les "primants" et d'afficher la concurrence. Chansons paillardes, blagues scatologiques, cris, boulettes de papier, une entrée en matière pour tester la résistance des nouveaux. Quelques-uns ont craqué et ne sont jamais revenus.
"Ce que je crains toujours le plus, ce sont les problèmes de sécurité liés aux mouvements de foule", explique Jean-Bernard Savary, responsable pédagogique du premier cycle. Comme toutes les facultés de médecine, celle de Lille explose. L'aura de la blouse blanche fascine encore. Cette année, en France, 42 000 étudiants sont candidats au concours de première année de médecine, 12 % de plus qu'en 2005. Numerus clausus oblige, seuls les 7 000 premiers seront reçus - 1 sur 6...
Dans ces facultés, l'heure n'est pas à la contestation contre le contrat première embauche (CPE). Les élèves n'ont qu'une obsession : réussir le concours. Ceux qui le décrocheront auront un avenir professionnel assuré. Avec ses 2 357 étudiants inscrits en première année (un tiers de plus que l'année précédente), la fac de Lille a atteint son "record absolu", constate avec fatalisme le doyen Jean-Paul Francke. 2 357 inscrits (dont 700 redoublants) pour environ 390 places en médecine, 80 en odontologie et 44 en écoles de sages-femmes : la sélection est de plus en plus rude. Pour gérer cet afflux dans des locaux conçus pour 1 200 étudiants, les effectifs ont été divisés en deux groupes : chaque cours magistral est diffusé simultanément sur grand écran dans quatre amphis. La direction envisage même d'ouvrir des centres de retransmission dans d'autres villes de la région.
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L'année dernière, ceux qui ont obtenu moins de 5 de moyenne (sur 20) ont reçu une lettre leur déconseillant de se réinscrire. "Il y a une prédiction pour 80 % des étudiants en fonction de leurs résultats au bac, mais c'est politiquement incorrect de les sélectionner dès la sortie du lycée. Cela ne m'étonne pas qu'aujourd'hui encore les ministres soient contre", constate le doyen Jean-Paul Francke.
Le problème semble insoluble. Les étudiants n'ont qu'un mot à la bouche : l'équité. Au nom de ce principe, ils veulent préserver la possibilité de tenter sa chance à tout bachelier. Mais l'équité a du plomb dans l'aile. Le marché des cours privés a explosé en même temps que les effectifs. Les officines recrutent même aux arrêts de bus. Les étudiants qui en ont les moyens sont nombreux à recourir à ces formations parallèles très onéreuses (16 euros de l'heure) pour avoir un encadrement qu'ils n'ont pas à la fac, des cours résumés et expliqués et des examens blancs. Pompes à fric ? "Ces cours privés ne nous gênent pas, convient Xavier Marchandise, professeur de biophysique. Mais on se demande pourquoi en ont-ils tellement besoin ?"»
incroyable...